La Marseillaise

Angélique Giorgi

Valentin est un gamin dans les nuages, ce n’est pas un bon élève. Ce n’est pas un cancre non plus. Disons qu’il a toujours un train de retard sur les autres car, aux réalités quotidiennes, il préfère la sérénité de son monde imaginaire. Alors, quand son prof de français l’oblige à se pencher sur son arbre généalogique, il s’invente, à partir de quelques anecdotes, une grand-mère chercheuse d’or. Mais bientôt la réalité le rattrape, lorsqu’il découvre que plane autour de la personnalité de son aïeul, Jules Bathias, une aura de mystère. Pourquoi son père qui avait commencé, avant de mourir, un arbre généalogique a-t-il dessiné un point d’interrogation ? Valentin va se documenter. Bibliothèque, mairie, palais de justice, il va aller partout...Sa détermination va lui permettre de trouver des témoins et de recoller les morceaux d’une énigme vieille de quatre-vingt-dix ans. Il est aidé dans sa tâche par Léa, sa grande amie, et Isa, la journaliste. Jules Bathias, aïeul oublié et injustement accusé va servir de trait d’union entre Valentin et son père défunt. Patrick Pécherot, spécialiste du polar, propose aux jeunes lecteurs une enquête bien menée. A partir de l’injustice faite à un homme, l’auteur dévoile ce qu’il y a derrière les apparences. Le style est vivant et correspond tout à fait au langage des pré-ados, sans jamais déraper dans les tics. Pécherot sait trouver les mots justes pour atteindre les gamins. L’affaire Jules Bathias devrait s’imposer parmi les best sellers des cours de récréation.

© Angélique Giorgi La Marseillaise



France 5

Georges-André Vuaroqueaux

Valentin Moineau passe son temps dans les nuages, à s’inventer des histoires. Régulièrement insulté et frappé par les trois terreurs de la classe, il se raccroche à ses rêveries et à l’amitié de Léa. Il vit avec sa mère, depuis que son père s’est noyé dans le canal. Un jour, une enseignante leur donne un travail sur leur arbre généalogique. Valentin s’imagine déjà descendant de corsaires et de trappeurs. Fouillant dans une vieille cantine, il découvre que son père avait commencé les recherches. Sous le nom de Jules Bathias, l’arrière arrière-grand-père de Valentin, un point d’interrogation rouge est dessiné. Entre théories farfelues et documents officiels, le jeune garçon reconstitue le destin de son ancêtre. Jules Bathias, victime d’un complot, a été emprisonné pour vol. Lorsque la guerre éclate, il préfère devenir soldat plutôt que de mourir en prison. Mais sur le front non plus, Bathias n’est pas le bienvenu. Valentin Moineau dévoile au grand jour les affaires étouffées, les secrets de famille, les chantages, et fait voler le jeu des apparences en éclats.
Roman à la fois policier, historique et réaliste, L’affaire Jules Bathias tient le lecteur en haleine. On suite les recherches et les découvertes du héros pas à pas, en comprenant avec lui les enjeux de l’affaire. Les rouages de l’enquête sont malgré tout un peu trop appuyés et artificiels, ainsi que le rôle des adjuvants : la sœur de Léa journaliste, la tante de Valentin qui travaille au Ministère de la Justice… Cependant, les personnages ont une réelle épaisseur, notamment Fernande, surnommée la Marine, femme forte au cœur tendre. Seuls les trois voyous sont un peu caricaturaux. Bien que l’intrigue soit basée sur le recueil de témoignages et la recherche de documents, le roman a également une dimension actuelle : les non-dits d’un village qui ne veut pas remuer le passé, la cruauté des enfants entre eux, la violence sourde. En réhabilitant son aïeul, et en reprenant les recherches de son père, Valentin affirme sa propre identité
Un bon petit roman noir sans prétention et qui fait réfléchir. Dommage que la couverture ne soit, à mon avis, pas à la hauteur.

© Georges-André Vuaroqueaux France 5.fr

Le litteraire.com

Julien Védrenne

... L’affaire Jules Bathias pourrait fort bien être adpatée avec brio par Jaques Tardi qui ne peut qu’être stimulé par le sujet et cette prose que n’aurait pas reniée Louis-Ferdinand Céline. Ce roman qui mêle poésie, drame et Histoire est bien plus qu’un livre de jeunesse. S’il est à la portée d’un enfant de douze ans à qui il procurera évasion et rêve, c’est aussi un livre qu’un adulte ne doit pas rechigner à ouvrir, sous peine de se priver d’un plaisir monstrueux !

© Julien Védrenne lelitteraire.com

Encres vagabondes

Serge Cabrol

Comme sur la couverture du livre, l’ombre de la guerre de 14-18 flotte sur cette histoire où un adolescent est confronté à un douloureux travail de mémoire.
Valentin Moineau est un doux rêveur et trois petites fripouilles - Kevin, Arthur et Brandon - l’ont transformé en souffre-douleur.
Heureusement, Valentin peut compter sur l’aide et l’amitié de la jolie Léa.
Lorsque Mme Tronchain demande à ses élèves de constituer un arbre généalogique, le doux rêveur est ravi. Il se voit descendant de pirates ou de trappeurs.
La réalité est bien différente…
Très vite, Valentin découvre que son père avait, lui aussi, commencé un arbre généalogique et que sa noyade dans le canal n’est peut-être pas étrangère à ses recherches…
Au grenier, il retrouve les souvenirs d’un arrière-grand-père maternel venu de Pologne pour travailler dans les mines.
Côté paternel, il y a un arrière-arrière-grand-père, Jules Bathias, mort en novembre 1917. Sur sa photo, un point d’interrogation...
Pourquoi n’y a-t-il pas de Bathias sur le monument aux morts ? Et que signifie vraiment cette inscription sur le registre de la mairie : porté disparu ?
Ce n’est plus seulement de la généalogie, c’est une enquête policière pour résoudre un mystère qui semble encore déranger bien du monde aujourd’hui.
Pour laver l’honneur de son aïeul, Valentin est prêt à fouiller toutes les archives, prendre tous les risques, rencontrer tous les témoins…
Et les ancêtres des trois fripouilles du collège ne sont peut-être pas étrangers à la disgrâce du soldat Bathias.
En ouverture de certains chapitres, de très belles pages, dignes des Croix de Bois de Dorgelès, évoquent le déluge de fer et de feu sur la boue des tranchées.
Ce livre est un passionnant retour sur le passé avec comme enquêteur un collégien d’aujourd’hui que bien des lecteurs vont trouver sympathique.

© Serge Cabrol Encres vagabondes

CFDT Magazine

Henri Israel

Dire que ce petit livre, édité dans la collection Souris Noire chez Syros, est réservé aux jeunes de plus de douze ans...En fait, il n’y a pas d’âge pour lire cette histoire d’un gosse souffre-douleur, Valentin, qui gratte un peu dans son arbre généalogique et découvre son ancêtre Jules Bathias, un Poilu mort sans laisser de trace, pas même sur le monument aux morts. Une fois de plus, Patrick Pécherot montre son inclination pour l’Histoire. Mais pas celle des héros reconnus et salués. Ses héros à lui sont des pauvres bougres, des militants trahis, des hommes de caractère qu’un jour un gosse va découvrir. Une grande leçon d’humanité pour les ados et leurs parents.

© Henri Israel CFDT Magazine

Les clés de l’actualité junior

Catherine Ganet

A l’occasion d’un travail scolaire, un jeune garçon se penche sur l’arbre généalogique de sa famille. Sous la photo d’un soldat moustachu, un point d’interrogation inscrit en rouge attire son attention. Quel secret entoure la vier et la mort de Jules Bathias, son arrière-arrière grand-père ? Un très bon roman d’enquête où le héros, doux et rçeveur, lavera l’honneur de son aïeul. Et sortira grandi de cette drôle de plongée dans l’histoire.

© Cathrine Ganet Les clés de ’lactualité junior

Télérama

Michel Abescat

Il a le sens du portrait et de la réplique, le verbe énergique et soigné, la tendresse à fleur de plume, Patrick Pécherot. Un talent unique pour faire surgir l’émotion et vous embarquer, ni une, ni deux, dans l’aventure de son petit Moineau - Valentin de son prénom -, un gamin fragile, toujours la tête dans les nuages. Souffre-douleur de sa classe, le voilà qui va tenir tête à la meute pour laver l’honneur d’un lointain ancêtre : Jules Bathias, mai 1888-novembre 1917. Un arrière-arrière-grand-père dont le nom figure sur l’arbre généalogique de la famille en compagnie d’un point d’interrogation.
Bizarre. De vilaines rumeurs courent sur lui, sa mort, dans les tranchées, est voilée de mystère. Patrick Pécherot accompagne son Moineau dans une enquête à haut risque, réveille de vieilles mémoires et montre, avec une belle subtilité, qu’il est plus facile de s’envoler quand on est sûr de ses racines.

© Michel Abescat Télérama