Une plaie ouverte

Ce matin, c’est le craquement de la glace sur le lac qui l’a tiré du lit. Il l’attendait. Depuis des jours, il l’attendait. Il y avait eu le daim, en lisière de forêt, immobile dans la buée de son haleine. Il y avait eu les bernaches, leur grand V dans le ciel comme un retour de cœurs battants. Il y avait eu la stalactite, fondue à la gouttière. Le dégel du lac était logique. Inéluctable. Il l’a écouté craquer comme on s’étire après un long sommeil, le bois de la cabane en écho. Le temps est venu, il a pensé, ou quelque chose d’approchant. S’il devait le formuler à présent, c’est ce qu’il dirait. Le temps est venu