Le Dauphiné libéré

Tiuraï, à Papeete et en langage tahitien, veut dire…14 juillet. C’est du moins ce qu’affirme Patrick Pécherot dans son premier roman qu’il a dédié à la mémoire de Jean Amila. Cette courte histoire qui se nourrit des récents évènements qui ont bouleversé l’île, n’a absolument rien à voir avec les dépliants des agences de voyage vantant les îles paradisiaques, les plages de sable fin, la silhouette gracieuse des cocotiers décoiffés par la brise. Le Tahiti de Patrick Pécherot est une poudrière qui peut sauter à la moindre étincelle, et la mutinerie qui éclate à la prison de Papeete peut en être le détonateur ! D’autant que Mururoa, l’atoll des essais nucléaires, n’est pas très loin et que le héros de l’histoire, Thomas Mecker (allusion transparente à Jean Amila dont le vrai nom est Meckert), jeune journaliste aux Nouvelles, est un peu trop curieux aux yeux de l’establishment du cru. Bref, ce Tiuraï est un brûlot qui fait mouche et un document apporté à un dossier qu’en haut lieu on aurait aimé assortir du sceau « top secret ».

© Le Dauphiné libéré



Ouest France

Pour préparer son voyage à Tahiti, il y a toute la floppée des guides touristiques. Indispensables, mais fades pour la plupart. On peut également lire les récits d’aventures de Gerbault, London, Melville et Gauguin. Mais pour prendre le pouls de la société polynésienne, rien de mieux que le polar. Tiuraï, de Patrick Pécherot raconte l’histoire d’un journaliste qui s’ennuie sous le ciel bleu ripolin de Papeete. Entre les soirées pour touristes et les courses en scooter des mers, Thomas Mecker a le flu (spleen). Jusqu’au jour où il est confronté à une série de meurtres. Au centre de son enquête, l’atoll de Moruroa et son centre d’expérimentation atomique…L’enfer du décor. A lire pendant les 22 heures d’avion.

© Ouest France

Tahitipresse

Réédition d’un roman policier paru en 1996 chez Gallimard. Dans son enquête, un journaliste travaillant pour un quotidien de Tahiti essaie de tirer au clair une affaire de meurtre qui lui fait remonter une piste vers l’atoll du grand secret, et une certaine bombe… Avec une préface de l’auteur de romans policiers à succès, Didier Daeninckx.
Plutôt explorateur des marges, le journaliste Thomas Mecker va côtoyer une réalité mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas pour rien que le mot "tabou" est issu de ces îles... Des îles qui n’ont plus rien à voir avec les vahine et les colliers de fleurs, surtout avec un nom comme Mururoa... En effet, même si le titre évoque le Tiuraï, cette fête polynésienne de juillet, il est plutôt ici question de secret-défense. S’il s’agit d’une fiction, certains ont pu y lire un parallèle avec l’assassinat d’un autre journaliste… bien réel, celui-là. L’auteur connaît bien Tahiti...

© Tahitipresse.pf

(A Suivre)

Christine Ferniot

Ah, l’exotisme, les paréos, les vahinés, leur hanches ondulantes sous les fibres de palme ! Tout cela est décidément trop rare dans le polar bon teint. Et pourtant, sous le ciel toujours bleu de Tahiti, entre les pirogues et les colliers de fleurs pour adeptes du Club Med, on peut trouver de quoi s’angoisser un peu et mourir par excès de curiosité. Patrick Pécherot nous oblige à abandonner les blue lagoon et les parfums de Monoï pour plonger dans une piteuse histoire d’essais nucléaires qui ne laissent pas l’eau de l’atoll aussi propre qu’on veut le faire croire. Son héros est journaliste aux Nouvelles Dépêches. Ecrasé par ces paysages en technicolor, il soigne une douce névrose et cherche la petite bête avec ses amis bien informés. Quand un ancien prisonnier meurt mystérieusement, que la prison de l’île devient nerveuse, le reporter reprend du poil de la bête, histoire de se changer les idées. A fréquenter de près les médecins de l’hôpital, les officiels et même les flics, il apprendra beaucoup de secrets guère plus nets que les plages rongées par la radioactivité. Mais attention, pas touche à Mururoa sous peine de renvoi immédiat.

© Christine Ferniot, (A Suivre)