Bo-Doï

…Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Cette première bande dessinée de Pécherot et Pourquié vaut le détour. Pécherot a écrit deux séries noires dont on discerne les couvertures au détour des cases) et le ton s’en ressent dans ses textes off. Quant au dessin de Pourquié, il est tout simplement envoûtant…

© Bo-Doï



La Nouvelle République

Sorti de prison où il purgeait une peine après un hold-up, Marco Soudy revient chez lui, à Toulouse, avec la mémoire en compote. Atteint d’amnésie partielle à la suite de son arrestation, il est sujet à d’étranges visions, d’où le titre de l’album dessiné par Jeff Pourquié sur un scénario de Patrick Pécherot, « Des méduses plein la tête ». Ces visions conduiront Marco jusqu’en Belgique, à la recherche des répliques du fétiche Arumbaya, la célèbre statuette à l’oreille cassée, créée par Hergé, que convoitent également ses ex-partenaires.

Un road-movie désenchanté, entre humour et polar, réalisé par deux auteurs de la nouvelle génération.

© Pascal Vigneron, La Nouvelle République

Le Progrès

Combien sont-ils, dans le monde de la bande-dessinée, à se coltiner le réel ? Combien sont-il à livrer une vision du monde, de la société, de la ville tels qu’ils se présentent ? A produire les images et la littérature qui participent à la construction méthodique, parcellaire, fragile, de la mémoire des hommes ? Pas tant que ça, finalement.

Jeff Pourquié et Patrick Pécherot appartiennent à ce clan des « scruteurs » de réel. Dans leur littérature, le monde est d’autant plus flou que le passé est amnésique. Un flou admirablement traduit par la technique de « couleur directe » mise en œuvre par Jeff Pourquié qui mêle infographie et graphisme traditionnel. Prenez un homme privé d’avenir, tout juste sorti de prison par exemple. Un amnésique sans généalogie qui s’épuise à construire son projet. Et projetez-le dans un fait divers banalement sordide. Tout va alors très vite. L’espace, le temps et la vie s’accélèrent dans une brûlure effrénée. Le présent se consume comme un feu de paille dans une froide torpeur.

Ce livre raconte une balade désenchantée, entre humour et polar. Bien plus que cela…Il éclaire au son blafard des lumières de la ville, la lente descente aux enfers d’un homme ordinaire. Et les enfers ont l’étrange météo des pays du nord de la France. Ils en ont la mélancolie éthylique d’un petit bar de quartier. Ils ont l’épaisse rougeur translucide des méduses. Ce livre éclaire de son flou artistique la froide clarté de la ville.

© Fabrice Roussel, Le Progrès

La voix du Nord

Polar déjanté et SF grand cru.

La voix du Nord