Librairie Charybde, Paris XIIème

Dans la mythologie, Charybde possède un bel appétit. Cette fille de Poséidon ne craint pas d’avaler les navires dans les tourbillons qu’elle provoque en engloutissant des tonnes d’eau de mer. Les libraires des lieux, eux, se limitent à la fringale littéraire mais si leur appétit est tout aussi grand, leur palais est plus fin. Ici, pas de lourdingue, ni de fixette sur la nouvelle cuisine. Les charybdiens défendent les nouveautés qu’ils ont aimées mais n’hésitent pas à remettre au goût du jour des livres publiés il y a 2, 5 ou 20 ans…
En prime, entre deux rencontres d’auteurs, la web radio Salle 101 enregistre intra muros, et en public, ses émissions littéraires.
Seul risque : en sortant de Charybde vous pouvez tomber chez Scylla. La librairie éponyme (et cousine), perche sur le trottoir d’en face...
Charybde 129 rue de Charenton, 75012 Paris


Libraires

Les livres ont des odeurs que ne connaîtront jamais les liseurs sur tablette. Ce sont celles du papier, des encres qui l’ont imprimé, du carton dans lequel ils ont voyagé, de leurs auteurs aussi, avec les mille senteurs en tête qu’ils s’échinent à vouloir coucher sur leur clavier… L’odeur des livres est celle d’une chaîne de travail où se sont posées les mains, les outils et les machines qui concourent à leur confection depuis le bureau de l’écrivain jusqu’à la table du libraire. C’est là qu’ils respirent le mieux.
Sans librairie, une ville est infirme, incomplète aux sens. Le sirop des rues y est plus fade. Les libraires sont de fabuleux diffuseurs de parfums. Précieux, fragiles parfois. Les auteurs leur doivent infiniment. Sans libraire, ne subsisteraient que quelques têtes de gondoles au bon plaisir du marketing, des supermarchés et de leurs avatars virtuels. Les flâneurs de papier, les curieux du bouquin, les ramasseurs de bonnes feuilles savent, eux aussi, ce qu’ils doivent aux libraires.
Lieux de vie, lieux de rencontres, lieux d’échanges, leurs boutiques sont des havres ouverts. A l’heure où le lien social s’effiloche pousser leur porte est à un acte politique.
Sur ce site, vous ne trouverez donc pas de lien vers une plate-forme de vente. Je ne les mésestime pas mais je préfère vous présenter, à raison d’un par mois, quelques uns de ces espaces indispensables où il fait bon entrer… Et les visages de celles et ceux qui les font vivre.

P.P. février 2017